mardi 19 juillet 2016

Serre-moi fort




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 GENRE : Policier / Thriller
ÉDITION : Robert Laffont
COLLECTION : La bête noire
NOMBRES DE PAGES : 372
DATE DE PUBLICATION : 11 février 2016
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Claire Favan
PRIX : 20 €



 Claire Favan © E. Robert-Espalieu 9 MODIF

Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son premier thriller, Le Tueur intime, a reçu le Prix VSD du Polar 2010, le Prix Sang pour Sang Polar en 2011 et la Plume d’or 2014 catégorie nouvelle plume sur le site Plume Libre. Son second volet, Le Tueur de l’ombre, clôt ce diptyque désormais culte centré sur le tueur en série Will Edwards. Elle a également participé aux recueils de nouvelles du collectif des auteurs du noir : Santé !, Les Aventures du concierge masqué et Irradié. Après les succès remarqués d’Apnée noire et de Miettes de sang, Claire Favan nous revient avec un thriller d’une noirceur absolue : Serre-moi fort.







" Serre-moi fort. Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d'abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa soeur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l'incertitude et l'absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l'Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité. Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l'enquête sur la découverte d'un effroyable charnier dans l'Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psycho logique d'une rare violence... "





J’ai été très intrigué par ce thriller après avoir lu la 4ème de couverture. Pourtant, « Serre-moi fort » n’est pas un thriller psychologique qui me fait tant frissonner habituellement.

                Nous découvrons Nick, un jeune adolescent dont la famille est frappée par la tragique disparition de sa sœur aînée. Suite à ce drame, cette famille dont la vie ne tournait qu’autour de la jeune fille plonge dans une dépression. Sa mère se drogue de médicaments pour oublier le drame, tandis que son père dérive chaque jour à un peu plus à cause de l’alcool.
Le jeune garçon prend alors toutes les décisions à la place de ses parents, pour tenter de subvenir à leur besoin. En effet, sa sœur serait l’une des victimes d’un tueur en série local « L’origamiste ».
Peu à peu, ses parents reprennent leur vie en main et vont partir en croisade contre les familles victimes de disparitions tragiques.
                C’est Adam Gibson qui se chargera d’enquêter quelques années plus tard sur la disparition de sa sœur. Malgré le fait d’avoir découvert de nombreuses autres victimes qui ne font pas parties des « meurtres » de l’origamiste. Les policiers n’arrivent pas à découvrir qui se trouve à l’origine de ces  meurtres particuliers. De plus quand l’agent Gibson est victime d’un violent traumatisme… Cela n’arrange aucunement les affaires de la police.


Dans un premier temps, nous découvrons donc l’histoire de Nick et sa famille, les dommages collatéraux de la disparition de la jeune Lana. L’image de cette famille est peu reluisante…
Des parents qui délaissent leur fils pour idolâtrer la fille aînée, la sœur Lana qui se trouve être prétentieuse et cruelle. Forcément, Nick ne s’entend pas vraiment avec cette dernière. Mais Nick n’est pas très reluisant non plus, il n’a aucune once de compassion lors de la disparition de sa sœur, même vis-à-vis de ses parents. Il se montre égoïste et insensible.

                Dans un second temps, c’est l’histoire d’Adam Gibson. Ce policier se consacre corps et âme à son travail. Surtout depuis qu’il a perdu sa femme d’un cancer. Sa fille aînée le déteste cordialement pour le mal qu’il a fait subir à sa famille. Tandis que ce fils reste assez passif face à l’écart de conduite de son père. Effectivement, le brave policier a trompé sa femme lorsque cette dernière se battait contre un cancer très virulent. On comprend donc le comportement de la jeune fille qui le hait un peu plus à chaque chapitre.

                Dans ces deux tableaux nous avons donc des personnages exécrables, auxquels je n’ai pas su m’attacher émotionnellement. J’avais même envie qu’ils meurent tous à la fin du roman. En efft, le comportement d’Adam Gibson a fait de lui, un personnage totalement antipathique. Alors quand ce dernier subit un énorme traumatisme quand il se rend en prison pour interroger un suspect, je n’ai pas pu compatir à sa douleur. J’ai eu la sensation que l’auteure nous jetait ce fait à la figure pour qu’il nous paraisse plus « appréciable ». Seulement, je n’ai pas pu compatir à son sort. D’autant plus que ce « fait » introduit le héros vers le tueur d’une manière grotesque. L’enquête policière était très bien pourtant ! Les faits se trouvaient sous leurs yeux et pourtant aucun d’eux n’a su faire le rapprochement au véritable tueur. Surtout que Claire Favan introduit une spécialiste de la modélisation des visages pour retrouver l’identité de la première victime. La robe de cette première victime était l’élément central ! Pourtant aucun n’a su faire le lien avec le reste des victimes qui étaient censés porter la réplique de cette tenue… C’est tout de même hallucinant de laisser de côté un élément aussi important !
                Au lieu de cela, Adam Gibson est envoyé vers le tueur par une scène abracadabrantesque pour nous le faire devenir sympathique et qu’il finisse en héros. Seulement, je n’ai pas du tout accroché à ce petit jeu malsain. Habituellement, cela ne me gêne aucunement. Mais ici, cela n’a pas bien été amené au fil des pages. 

D’un point de vue de l’écriture, l’auteure a un vocabulaire assez crue, voir parfois trop grossier. A part cela, le reste est très bien écrit, tout est détaillé avec précision, même si les détails importants sont parfois relayés au second plan. Le côté psychologique du récit n’est pas assez travaillé, ce qui est vraiment dommage. L’identité du tueur est révélé dès la première partie, cela ne gêne pas vraiment le déroulement du récit, mais le reste était mal adapté. L’image du tueur en devient tout bonnement grotesque. 

                En conclusion, « Serre-moi fort » est juste un récit policier divertissant. Le côté psychologique n’est pas assez travaillé, les personnages sont détestables à souhait et de plus la résolution de l’affaire est trop simpliste pour moi. J’avoue que cela ne me donne pas vraiment envie de découvrir les autres romans de l’auteure, mais qui sait ? Nous verrons bien avec le temps. Pour le moment « Serre-moi fort » m’a laissé un goût vraiment amer.






GLOBALE : 4 / 10
ÉCRITURE : 7 / 10
SCENARIO : 5 / 10
PERSONNAGES : 2 / 10
SUSPENS : 4 / 10








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