GENRE : Fantasy / Steampunk / Jeunesse
ÉDITION : Atelier Mosesu
COLLECTION : Pepper - Dark Steampunk
NOMBRES DE PAGES : 557
DATE DE L’ÉDITION : 13 octobre 2016
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Anthelme Hauchecorne
PRIX : 19€
CHRONIQUE PRECEDENTE
" J'ai séjourné en hôpital psychiatrique. Pas de quoi fouetter un chat
sauf lorsque, comme moi, vous êtes fils de stars. Par crainte du
scandale, mes parents m'ont expédié loin d'Hollywood, dans la vieille
Europe. Les meilleurs spécialistes m'ont déclaré guéri. En vérité, la
thérapie a échoué. Les songes ont repris, plus dangereux que jamais.
Malgré moi, je me trouve mêlé aux intrigues de puissants Rêveurs. Des
gens charmants et bien décidés à m'éliminer, mais avec élégance.
M'entêter serait totalement déraisonnable. Pourtant, deux plaies à vif m
empêchent de tourner la page... La première est une fille. La seconde,
une soif de vengeance. Je m'appelle Walter Krowley. Vous tenez mon
journal intime. Prenez-en soin. Ce livre pourrait devenir mon
testament..."

Avant
de vous faire part de mon avis, je tenais encore une fois à remercier Anthelme
Hauchecorne pour sa confiance et sa gentillesse de m’avoir proposé de lire son
roman en avant-première. De plus, c’était un réel plaisir de vous rencontrer
aux Halliennales.
« Journal
d’un marchand de rêves » est comme le précédent roman que j’ai lu : unique
en son genre. On reconnait le style de l’auteur avec facilité, ce fut une
lecture riche et très prenante.
Nous commençons l’histoire sur
les confessions du jeune Walter Krowley, fils d’un grand acteur d’Hollywood.
Malheureusement pour le jeune homme, sa vie est loin d’être sous les
projecteurs de son paternel. Enfant, il perd sa mère (elle aussi actrice). Il n’a
jamais réellement existé aux yeux de son père. Il se sent « à part » dans la
nouvelle vie que son père s’est construite. Le garçon a commencé à faire d’étranges
rêves à la suite d’un accident de voiture, où il se trouvait en compagnie de
son meilleur ami Trent Trump. Petit à petit, il comprend que ses songes sont
pourtant plus « réels » que ce qu’il pensait au départ. Walter Krowley est
finalement quelqu’un d’exceptionnel, il est un Rêveur, appelé plus communément « Un
marchand de sable ». Il va découvrir dans cet univers parallèle de nombreux
dangers qui peuvent avoir des répercussions dans sa vie réelle.
Je vais
premièrement évoquer le personnage principal qu’est Walter Krowley Junior. Ce
jeune homme de vingt ans est assez insouciant dans son quotidien. Ses soirées
de débauches en compagnie de son meilleur ami Trent, lui ont valu pas mal de
soucis. Pourtant sa vie risque de changer quand il tombe dans l’Ever (« Rêve » dans
le bon sens). Il est ce qu’on appelle un Rêveur. Ainsi, au lieu de suivre les
règles établies dans cet univers parallèle, Walter va souvent se mettre dans
des situations périlleuses. On découvre très vite qu’il est assez naïf et
surtout un pleutre. Il l’affirme lui-même à plusieurs reprises dans le récit.
« Me battre ? Écrire ma propre histoire ? Agir en héros, enfin ? Au
risque de vous décevoir, j’ai esquivé cette occasion. Des héros, nous en avions
semé bien assez en chemin. La lâcheté offrait l’avantage de laisser espérer un
avenir. »
Pourtant
cet antihéros nous touche, on s’amuse à le voir en difficulté. C’est dur de
dire cela ou c’est moi qui suis un peu cruelle, mais il m’a beaucoup diverti et
fait rire. On se dit que ce n’est pas possible d’être aussi empoté ! Il attire
les ennuis à chaque fois qu’il pose les pieds dans l’Ever. Au départ, il tente
de suivre les règles comme les autres, mais il va rencontrer une jolie fille,
il va commencer à déraper. Quand il va pénétrer le rêve de Brumaire et croiser
Banshee, malgré les nombreuses trahisons de la jeune fille, il lui pardonnera.
Il s’alliera tantôt avec les hommes de loi du Gouverneur (Hope entre autres),
mais aussi les « Outlaws ». Il retourne sa veste pour toujours en sortir
vainqueur. Concernant Banshee, c’est une jeune femme dotée d’une grande
intelligence qui essayera d’apprendre certaines choses à Walter. Elle est
fascinée par les « oniromanciens », une ancienne civilisation qui a évolué dans
les rêves. Elle est d’ailleurs très douée en mécanique et tentera de réparer la
technologie de cette civilisation perdue. Malgré son tempérament à l’extrême
opposé de Walter, les deux protagonistes s’unissent pour essayer de combattre
la dictature du Gouverneur sur le monde des rêves.
Concernant l’écriture d’Anthelme
Hauchecorne, il reste égal à lui-même ! Tout comme dans « Le Carnaval aux
corbeaux », on repère de nombreuses références à la littérature ou
cinématographiques qui viennent enrichir son univers. Ce qui m’a
particulièrement plu, c’est d’utiliser la théorie de Freud pour évoquer le
rêve. On trouve notamment les créatures appelées des « ça » qui sont liées aux rêveurs.
Le Rêveur et le ça ne font plus qu’un. On comprend très vite que c’est le côté
primaire de l’individu et que l’apparence du ça reflète le caractère et le
tempérament du Rêveur. Finalement à travers le ça de Walter, on comprend qu’il
n’est pas une personne facile à ranger dans une société dictée par des lois ou
à classer dans les idéaux qu’on attend d’autrui. Il est original et non
semblable à l’idée qu’on se fait de quelqu’un.
Il
y a de nombreuses références au cinéma comme la science-fiction ou encore les
westerns spaghettis ! Doowylloh (l’envers en rêve du décor d’Hollywood vous l’aurez
compris) est resté bloqué dans l’univers des années 50. On se plonge alors
irrémédiablement de cette période avec délice. De plus, la plume fluide et
poignante de l’auteur ajoute du suspens, de l’intrigue qui nous tient en
haleine jusqu’au bout de son récit. On y trouve également le côté humoristique
qui m’avait tant plus dans son précédent roman.
Les
personnages sont tous plus farfelus et hétéroclites les uns des autres, que ce
soit : Butch Smoke le leader des Outlaws, Hope derrière son étrange masque
de parfait représentant du gouvernement, l’intrépide Spleen cambrioleuse à ses
heures de sommeil et tant d’autres que l’on découvre à chaque nouveau chapitre.
Il y a tant de diversité que chaque lecteur sera comblé lors de sa lecture.
Le « Journal
d’un marchand de rêves » est une grande aventure au pays des songes ! On
rencontre des personnages, tous plus étranges l’un que les autres. Cette
interprétation du marchand de sable a de quoi nous époustoufler tant l’intrigue
autour de Walter est prenante. « Alice au pays des merveilles » n’a qu’à bien
se tenir ! Il y a désormais : « Walter au pays des songes » ! N’hésitez pas
à plonger, vous ne serez pas déçus. Pour ma part, je n’étais pas loin du coup
de cœur. Du grand Hauchecorne tout simplement.
EXTRAITS
" Ce ne serait pas la première fois que je croirais
l'avoir perdue. A force, je me méfie. Cette fille sait manœuvrer son monde.
Même la Faucheuse, cette garce cosmique, s'empêtrerait dans ses filets. Et puis
qu'est-ce que la mort sinon un long rêve ?" - Chapitre 1
* * *
"Sellexurb, le reflet de Bruxelles dans l'Ever,
poussait ses maisons flamandes sous la caresse de la pluie. Des édifices
empruntés à diverses époques - bastions, châteaux, donjons - se dressaient
parmi les habitations, majestueuses dans leur anachronisme. Le ciel bruissait
de battements d'ailes de papier, celles de machines volantes qu'on jurerait
jaillies des croquis d'un Léonard de Vinci. Ici, telles des mains tendues vers
l'infini, les rêveries d'innombrables générations communiaient sous un ciel
piqué d'étoiles, témoins de l'éternité. En comparaison, Doowylloh évoquait une
maquette sortie d'usine, à peine tirée de son emballage." - Chapitre 41
* * *
" J'ai tenté de la raisonner. Banshee s'est braquée.
- L'Eveil n'est pas le monde de la lumière, Walt, c'est celui des déceptions.
La nuit offre plus de raisons d'espérer que le jour. Quand le sable glisse sur
nos paupières, nous devenons des étoiles, dont le royaume s'étend du crépuscule
à l'aube. L'aurore est une sentence et le soleil, le geôlier de nos
prisons." - Chapitre 55
* * *
" - Mes professeurs répétaient qu'à trop rêver en
classe, je finirais sans un sou. Soutiendriez-vous qu'ils avaient tort ?
- Indubitablement. Il existe dans l'Ever des trésors pour qui ose s'en emparer.
Que sont les rêves, sinon des idées ? Et parmi elles se cachent des inventions.
Des technologies en avance sur leur temps. Léonard de Vinci avait inventé le
sous-marin, Nikola Tesla un vaisseau spatial qui...Hum, j'en ai trop dit. Bref,
et si des rêves abandonnés contenaient les technologies du futur ? Tel est le
fonds de commerce des orpailleurs d'idées..." - chapitre 59
GLOBALE : 9 / 10
ÉCRITURE : 10 / 10
SCENARIO : 9 / 10
PERSONNAGES : 9 / 10
SUSPENS : 8 / 10