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mercredi 19 octobre 2016

Journal d'un marchand de rêves







 GENRE : Fantasy / Steampunk / Jeunesse
ÉDITION : Atelier Mosesu
COLLECTION : Pepper - Dark Steampunk
NOMBRES DE PAGES : 557
DATE DE L’ÉDITION : 13 octobre 2016
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Anthelme Hauchecorne
PRIX : 19€



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http://skoldasybooks.blogspot.fr/2016/02/le-nibelung-1-le-carnaval-aux-corbeaux.html





" J'ai séjourné en hôpital psychiatrique. Pas de quoi fouetter un chat sauf lorsque, comme moi, vous êtes fils de stars. Par crainte du scandale, mes parents m'ont expédié loin d'Hollywood, dans la vieille Europe. Les meilleurs spécialistes m'ont déclaré guéri. En vérité, la thérapie a échoué. Les songes ont repris, plus dangereux que jamais. Malgré moi, je me trouve mêlé aux intrigues de puissants Rêveurs. Des gens charmants et bien décidés à m'éliminer, mais avec élégance. M'entêter serait totalement déraisonnable. Pourtant, deux plaies à vif m empêchent de tourner la page... La première est une fille. La seconde, une soif de vengeance. Je m'appelle Walter Krowley. Vous tenez mon journal intime. Prenez-en soin. Ce livre pourrait devenir mon testament..."




                Avant de vous faire part de mon avis, je tenais encore une fois à remercier Anthelme Hauchecorne pour sa confiance et sa gentillesse de m’avoir proposé de lire son roman en avant-première. De plus, c’était un réel plaisir de vous rencontrer aux Halliennales.
  « Journal d’un marchand de rêves» est comme le précédent roman que j’ai lu : unique en son genre. On reconnait le style de l’auteur avec facilité, ce fut une lecture riche et très prenante.

                Nous commençons l’histoire sur les confessions du jeune Walter Krowley, fils d’un grand acteur d’Hollywood. Malheureusement pour le jeune homme, sa vie est loin d’être sous les projecteurs de son paternel. Enfant, il perd sa mère (elle aussi actrice). Il n’a jamais réellement existé aux yeux de son père. Il se sent « à part » dans la nouvelle vie que son père s’est construite. Le garçon a commencé à faire d’étranges rêves à la suite d’un accident de voiture, où il se trouvait en compagnie de son meilleur ami Trent Trump. Petit à petit, il comprend que ses songes sont pourtant plus « réels » que ce qu’il pensait au départ. Walter Krowley est finalement quelqu’un d’exceptionnel, il est un Rêveur, appelé plus communément « Un marchand de sable ». Il va découvrir dans cet univers parallèle de nombreux dangers qui peuvent avoir des répercussions dans sa vie réelle.

                Je vais premièrement évoquer le personnage principal qu’est Walter Krowley Junior. Ce jeune homme de vingt ans est assez insouciant dans son quotidien. Ses soirées de débauches en compagnie de son meilleur ami Trent, lui ont valu pas mal de soucis. Pourtant sa vie risque de changer quand il tombe dans l’Ever (« Rêve » dans le bon sens). Il est ce qu’on appelle un Rêveur. Ainsi, au lieu de suivre les règles établies dans cet univers parallèle, Walter va souvent se mettre dans des situations périlleuses. On découvre très vite qu’il est assez naïf et surtout un pleutre. Il l’affirme lui-même à plusieurs reprises dans le récit.

« Me battre ? Écrire ma propre histoire ? Agir en héros, enfin ? Au risque de vous décevoir, j’ai esquivé cette occasion. Des héros, nous en avions semé bien assez en chemin. La lâcheté offrait l’avantage de laisser espérer un avenir. »

                Pourtant cet antihéros nous touche, on s’amuse à le voir en difficulté. C’est dur de dire cela ou c’est moi qui suis un peu cruelle, mais il m’a beaucoup diverti et fait rire. On se dit que ce n’est pas possible d’être aussi empoté ! Il attire les ennuis à chaque fois qu’il pose les pieds dans l’Ever. Au départ, il tente de suivre les règles comme les autres, mais il va rencontrer une jolie fille, il va commencer à déraper. Quand il va pénétrer le rêve de Brumaire et croiser Banshee, malgré les nombreuses trahisons de la jeune fille, il lui pardonnera. Il s’alliera tantôt avec les hommes de loi du Gouverneur (Hope entre autres), mais aussi les « Outlaws ». Il retourne sa veste pour toujours en sortir vainqueur.           Concernant Banshee, c’est une jeune femme dotée d’une grande intelligence qui essayera d’apprendre certaines choses à Walter. Elle est fascinée par les « oniromanciens », une ancienne civilisation qui a évolué dans les rêves. Elle est d’ailleurs très douée en mécanique et tentera de réparer la technologie de cette civilisation perdue. Malgré son tempérament à l’extrême opposé de Walter, les deux protagonistes s’unissent pour essayer de combattre la dictature du Gouverneur sur le monde des rêves. 

                Concernant l’écriture d’Anthelme Hauchecorne, il reste égal à lui-même ! Tout comme dans « Le Carnaval aux corbeaux», on repère de nombreuses références à la littérature ou cinématographiques qui viennent enrichir son univers. Ce qui m’a particulièrement plu, c’est d’utiliser la théorie de Freud pour évoquer le rêve. On trouve notamment les créatures appelées des « ça » qui sont liées aux rêveurs. Le Rêveur et le ça ne font plus qu’un. On comprend très vite que c’est le côté primaire de l’individu et que l’apparence du ça reflète le caractère et le tempérament du Rêveur. Finalement à travers le ça de Walter, on comprend qu’il n’est pas une personne facile à ranger dans une société dictée par des lois ou à classer dans les idéaux qu’on attend d’autrui. Il est original et non semblable à l’idée qu’on se fait de quelqu’un.
                Il y a de nombreuses références au cinéma comme la science-fiction ou encore les westerns spaghettis ! Doowylloh (l’envers en rêve du décor d’Hollywood vous l’aurez compris) est resté bloqué dans l’univers des années 50. On se plonge alors irrémédiablement de cette période avec délice. De plus, la plume fluide et poignante de l’auteur ajoute du suspens, de l’intrigue qui nous tient en haleine jusqu’au bout de son récit. On y trouve également le côté humoristique qui m’avait tant plus dans son précédent roman.
                Les personnages sont tous plus farfelus et hétéroclites les uns des autres, que ce soit : Butch Smoke le leader des Outlaws, Hope derrière son étrange masque de parfait représentant du gouvernement, l’intrépide Spleen cambrioleuse à ses heures de sommeil et tant d’autres que l’on découvre à chaque nouveau chapitre. Il y a tant de diversité que chaque lecteur sera comblé lors de sa lecture.

                Le «Journal d’un marchand de rêves» est une grande aventure au pays des songes ! On rencontre des personnages, tous plus étranges l’un que les autres. Cette interprétation du marchand de sable a de quoi nous époustoufler tant l’intrigue autour de Walter est prenante. « Alice au pays des merveilles » n’a qu’à bien se tenir ! Il y a désormais : « Walter au pays des songes » ! N’hésitez pas à plonger, vous ne serez pas déçus. Pour ma part, je n’étais pas loin du coup de cœur. Du grand Hauchecorne tout simplement.



EXTRAITS


" Ce ne serait pas la première fois que je croirais l'avoir perdue. A force, je me méfie. Cette fille sait manœuvrer son monde. Même la Faucheuse, cette garce cosmique, s'empêtrerait dans ses filets. Et puis qu'est-ce que la mort sinon un long rêve ?" - Chapitre 1

* * *

"Sellexurb, le reflet de Bruxelles dans l'Ever, poussait ses maisons flamandes sous la caresse de la pluie. Des édifices empruntés à diverses époques - bastions, châteaux, donjons - se dressaient parmi les habitations, majestueuses dans leur anachronisme. Le ciel bruissait de battements d'ailes de papier, celles de machines volantes qu'on jurerait jaillies des croquis d'un Léonard de Vinci. Ici, telles des mains tendues vers l'infini, les rêveries d'innombrables générations communiaient sous un ciel piqué d'étoiles, témoins de l'éternité. En comparaison, Doowylloh évoquait une maquette sortie d'usine, à peine tirée de son emballage." - Chapitre 41

* * *

" J'ai tenté de la raisonner. Banshee s'est braquée.
- L'Eveil n'est pas le monde de la lumière, Walt, c'est celui des déceptions. La nuit offre plus de raisons d'espérer que le jour. Quand le sable glisse sur nos paupières, nous devenons des étoiles, dont le royaume s'étend du crépuscule à l'aube. L'aurore est une sentence et le soleil, le geôlier de nos prisons
." - Chapitre 55

* * *

" - Mes professeurs répétaient qu'à trop rêver en classe, je finirais sans un sou. Soutiendriez-vous qu'ils avaient tort ?
- Indubitablement. Il existe dans l'Ever des trésors pour qui ose s'en emparer. Que sont les rêves, sinon des idées ? Et parmi elles se cachent des inventions. Des technologies en avance sur leur temps. Léonard de Vinci avait inventé le sous-marin, Nikola Tesla un vaisseau spatial qui...Hum, j'en ai trop dit. Bref, et si des rêves abandonnés contenaient les technologies du futur ? Tel est le fonds de commerce des orpailleurs d'idées...
" - chapitre 59






GLOBALE : 9 / 10
ÉCRITURE : 10 / 10
SCENARIO : 9 / 10
PERSONNAGES : 9 / 10
SUSPENS : 8 / 10







lundi 10 octobre 2016

Les Halliennales 2016







Je dois avouer que cela fait 3 ans que je souhaitais me rendre à ce salon autour de la Fantasy. Malheureusement, j’ai souvent eu des inconvénients pour pouvoir y aller. Cette année, c’était donc l’année de la revanche !
De plus, de nombreux auteurs que j’admire depuis des années étaient présents, je ne pouvais donc pas manquer cette merveilleuse occasion
.
Cette année, le thème retenu pour « Les Halliennales » était les Zombies ! Le ton était donné depuis l’entrée du complexe sportif Pierre de Coubertin. (photo que vous pouvez admirer au-dessus).
J’ai pu croiser à travers les allées, des très jolis costumes de zombies.

Ma première rencontre fut avec Angel Arekin, dont son roman « Le porteur de mort » m’attendait bien sagement. De nature réservée, je n’ai pas prononcé beaucoup de mots... Je m’en excuse auprès d’elle d’ailleurs.
Je me suis forcée à être plus boute-en-train, ce qui n’est pas une chose facile pour moi, sachez-le ! 






  • C’est donc accompagné de mon anxiété, que je me suis approchée de la table de Cindy Van Wilder. J’avais déjà dans l’idée de me procurer le tome 3 des « Outrepasseurs », ce jour-là. On peut dire que cette auteure a le don pour mettre les personnes à l’aise ! D’entrée de jeu, on se fait la bise naturellement. Elle a su me détendre et on a plaisanté, surtout que sa copine de table l’aidait dans ce sens, puisqu’il s’agissait d’Agnès Marot. Cindy portait d’ailleurs de très jolies oreilles d’Elfes et n’hésitait pas à les montrer. Elle m’a donc annoncé que le tome 4 des « Outrepasseurs » arriverait l’année prochaine, avec toujours le même univers avec d’autres personnages clés de sa saga. On peut dire qu’elle sut me mettre l’eau à la bouche. C’est avec enthousiasme qu’elle a accepté de poser pour une photo.





  •  Mon regard s’est donc dirigé un peu plus loin, où Anthelme Hauchecorne revenait de sa petite pause. C’est d’un pas décidé que je me dirige vers sa table. Gentiment, je me présente à lui, en lui disant qu’on avait papoté sur Facebook à plusieurs reprises. J’avais également eu l’honneur d’avoir son roman « Le Carnaval aux corbeaux » en Service Presse par les Editions du Chat noir. C’est pourquoi l’auteur a encore eu une fois la gentillesse de me proposer son roman « Journal d’un marchand de rêves » en SP. Il m’a alors dédicacé l’exemplaire de sa jolie plume ! J’en ai également profité pour essayer d’obtenir quelques petites informations sur la suite du « Nibelung ». Il m’a annoncé qu’il devrait sortir vers fin 2017, dont l’histoire se déroulerait en hiver... Toujours avec des légendes extraordinaires et pleines de magie ! J’ai désormais hâte de découvrir cette nouvelle pépite, je vous assure. Comme précédemment, je tente de demander alors une petite photo souvenir, qu’il a acceptée avec plaisir. 





  •  C’est donc heureuse, que je me tourne vers sa voisine de table de droite : la pétillante Georgia Caldera. Je peux vous dire que c’est une auteure très demandée ! Oui, oui ! J’ai attendu presque une heure pour pouvoir lui parler, mais cela en valait la peine. (Après tout, cela fait 3 ans que j’attendais ce moment). Je lui tends gentiment mon exemplaire des « Larmes rouges 3 — Quintessence » qui reçoit une jolie dédicace. Elle me demande si l’on s’est déjà rencontré, je lui affirme qu’on parlait de temps à autre sur Facebook et que j’avais malheureusement manqué ses dernières visites sur le salon. Heureuse de me voir, elle m’a également faite la bise. Je lui avoue avoir un gros faible pour ses « super vilains », notamment pour Avoriel des « Larmes rouges ». Puis, des questions sur "Victorian Fantasy" viennent s’ajouter dans la conversation, elle me confirme qu’il y a 4 tomes de prévus pour le moment avec des protagonistes différents pour chaque volume. Le prochain « De velours et d’acier » étant centré sur le fils de Reine Victoria. Elle me parle également de la suite d’un des personnages de « Hors de question » et « Hors de contrôle » qui sera centré sur la sœur d’Axel. Apparemment, elle est aussi sur un projet secret !
    Voyant « Hors de contrôle » sous mes yeux avant la sortie officielle, je me suis procuré cette suite que j’attendais avec impatience, me languissant de découvrir la réaction d’Axel.
    J’ai profité pour lui demander une petite photo souvenir, pour marquer cette rencontre d’une pierre blanche. 

C’est toute heureuse de cette rencontre que je prends alors ma pause déjeuner, comme la plupart des auteurs présents.
Je voulais ensuite voir Sophie Jomain, mais le monde à son stand m’a, disons découragée... De plus, il n’y avait plus d’exemplaires des « Etoiles de Noss Head » en version illustrée que je désirais vraiment me procurer, j’ai donc abandonné l’idée.








  • Je me suis ensuite rendu auprès de Marika Gallman qui m’a dédicacé mon exemplaire des « Chroniques de Hallow » (je me voyais mal embarquer mes 5 tomes de « Maeve Regan » !), puis j’ai rencontré Fabien Clavel, qui venait de revenir de sa pause. J’ai demandé une dédicace sur mon exemplaire de « Feuillets de cuivre » qui avait été un gros coup de cœur. Il a ri, quand je lui ai avoué que c’était le seul auteur qui me donnait envie de lire des classiques, après avoir lu une de ses œuvres. Comme il me l’a dit, c’est son côté professeur qui veut cela. Tous deux furent d’une grande gentillesse et ont fait preuve de beaucoup d’humour que j’affectionne tant. Ils font tous les deux partis de mes auteurs-chouchous et que je désirais rencontrer depuis de nombreuses années. Vous imaginez donc mon bonheur après ces rencontres.



 


  • Mes pas m’ont ensuite guidé vers le stand des Éditions du chat noir. Immédiatement, je me rends à la table de Bettina Nordet. Son exemplaire de « La geste des exilés 3 - Offrande de Feu » n’attendait plus que moi ! On a alors commencé à parler sur ce que l’avenir de Jana allait offrir. Je la rassure encore en lui disant que je ne lui en veux pas pour la fin du tome 2 qui finit en : « C’est quoi ça ?! ». Je lui ai juste demandé : « J’espère que le tome 3 se termine bien ? », elle m’a alors confirmé qu’elle aimait écrire avec beaucoup de scènes d’actions et rebondissements, mais qu’elle devait finir sur une note de « caresse ». Ouf ! Cela nous rassure beaucoup tout d’un coup ! Jean Vigne, son voisin de tablée, a agrémenté la conversation de touches d’humour. Il a même joué les photographes pour une photo souvenir avec Bettina.
    Forcément, je vais également lui prendre un exemplaire de « Holomorphose 1 — Blasphème » qui me faisait de l’œil depuis un moment. Comme je lui expliquais, j’avais également le tome 1 de « Néachronical » qui était encore dans ma PAL. Il a alors forcé Bettina à jouer les photographes à son tour, pour notre petite photo souvenir. Apparemment, c’était la première fois qu’il venait aux Halliennales ! Je pense qu’il n’a pas dû être déçu, tout comme moi cela dit.
    J’ai aussi demandé des dédicaces auprès de Cécile Guillot et Mathieu Guibé.


Pour terminer ma journée en beauté, j’ai également flâné dans les allées des créateurs, ainsi que sur le stand de Fleurine Rétoré. Avant de partir, j’ai donc acheté les affiches aux couleurs du salon pour garder des souvenirs de cette fantastique journée. Pour une première fois, je ne fus aucunement déçue ! Je n’ai qu’une hâte d’y retourner l’année prochaine.
L’ambiance était très chaleureuse, les organisateurs et les bénévoles avaient tous le sourire. Un salon juste au top !








samedi 20 février 2016

Le Nibelung #1 - Le Carnaval aux corbeaux




GENRE : Fantastique
ÉDITION : Éditions du Chat Noir
COLLECTION : Graphicat
NOMBRES DE PAGES : 320
DATE DE PUBLICATION : 10 février 2016
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Anthelme Hauchecorne
ILLUSTRATEURS : Loic Canavaggia et Mathieu Coudray






Anthelme HAUCHECORNE naît en 1980 dans une famille de la classe moyenne.
Ses études mêlent droit, économie et sociologie, trahissant une passion précoce pour les mélanges douteux. En 2007, l’auteur obtient le concours d’enseignant en économie-gestion. Jeune titulaire, son affectation le contraint à quitter sa Lorraine natale pour rallier le Nord-Pas-de-Calais.
Où qu’il aille, l’encre des mots le suit comme une ombre.
Ses romans touchent au fantastique et aux questions de société. L’auteur affectionne les univers régionalistes et documentés, multipliant les clins d’œil aux lieux et aux légendes locales. Son premier roman, "La Tour des Illusions", prend place en Moselle. Le suivant, "Âmes de verre", puise ses racines dans sa région d’adoption, le Nord-Pas-de-Calais. L’intrigue prend pied dans la métropole lilloise, entrecroisant déclin industriel, critique de l’inhumanité urbaine et résurgence de la cosmogonie celte.







" Ludwig grandit à Rabenheim, un petit bourg en apparence banal.
Claquemuré dans sa chambre, il s’adonne au spiritisme. À l’aide d’une radio cabossée, il lance des appels vers l’au-delà, en vue de contacter son père disparu.
Jusqu’à présent, nul ne lui a répondu… Avant ce curieux jour d’octobre.
Hasard ? Coïncidence ? La veille de la Toussaint, une inquiétante fête foraine s’installe en ville. Ses propriétaires, Alberich, le nabot bavard, et Fritz Frost, le géant gelé, en savent long au sujet du garçon. Des épreuves attendent Ludwig. Elles seront le prix à payer pour découvrir l’héritage de son père.
À la lisière du monde des esprits, l’adolescent hésite… Saura-t-il percer les mystères de l’Abracadabrantesque Carnaval ? "








Je tiens tout d’abord à remercier les éditions du chat noir pour ce service presse, ainsi que de leur confiance. Ce premier tome « Le Carnaval aux Corbeaux » est vraiment très prometteur ! On y découvre un univers fantastique, où se détache divers mythes germaniques.
Il y a rien d’étonnant de voir dans le récit, des héros portant le nom de Ludwig Poe et Gabriel Grimm (Poe étant connu pour ses contes sombres/fantastique et les frères Grimm pour avoir regroupé dans les contes, le folklore germanique).


On y découvre tout d’abord le jeune Ludwig Poe passionné par le paranormal. Le jour de ses treize ans, il découvre une lettre  de  son père laissé à son attention. Son père ayant disparu treize ans plus tôt... Il commence alors à suivre cette piste improbable qui va le mener tout droit au chœur d’un sombre monde.
C'est durant la semaine de la Totenwoche (semaine correspondant à Halloween), qu'un étrange carnaval fait son apparition à Rabenheim. « L’abracadabrantesque Carnaval » qui était déjà apparu auparavant, aux bons souvenirs de ses habitants, notamment de Julia Poe, la mère de Ludwig.
Gabriel Grimm, meilleur ami du jeune Poe, aime découvrir tout ce que l’histoire peut lui offrir. Il suit malgré tout, les excentricités de son ami sans rechigner, car il y découvert des trésors cachés. Même d'étranges fragments d'histoire liés à sa famille. Pourtant, le jeune garçon va commencer à douter, quand il aperçoit pendant cet étrange carnaval l’ombre de son oncle défunt.
  


" La Parade d'Octobre" par Loic Canavaggia


« - Oyez, oyez, bon peuple de Rabenheim ! Merci d’être venus si nombreux assister au réveil de l’Abracadabrantesque Carnaval ! Un spectacle qu’il ne vous sera donné qu’une fois d’admirer !
Des silhouettes grotesques se dessinent, certaines géantes, d’autres lilliputiennes. Elles semblent flotter au ras du sol en cortège de carrures dépareillées, tantôt massives, tantôt faméliques. Dans la brumaille luisent les regards jaunes des forains, prunelles d’une meute de loups, constellation d’étoiles animées d’une faim sidérale…
 
»



Cet étrange carnaval connaît très bien tous les habitants de Rabenheim, surtout Ludwig. Y aurait-il un lien avec la disparition de son père ? C’est ce que va tenter de découvrir le jeune garçon. En compagnie de Gabriel et de l’étrange fille albinos Silke. Bien que cette dernière lui porte plus malheur, que d’être celle qui l’aide dans son entreprise.
Ce Carnaval regorge de personnages hétéroclites comme le nain Alberich, le géant de glace Fritz Frotz ou encore la médium dame Väla, mais également avec des attractions perverses. Qui sont-ils réellement ? Qu’attendent-ils des habitants de ce petit village en apparence sans histoire ?
Une étrange malédiction se trouve en son centre, mais qui est à l’origine ?



"Fritz Frotz, l'iceberg humain" par Loic Canavaggia



Anthelme Hauchecorne a fait de ce roman un vrai petit bijou ! Il a repris tellement d’éléments de la mythologie germanique, pour mettre son conte en valeur, lui donner une dimension très sombre et très fantastique. On se sent comme dans un film de Tim Burton. On y voit l’influence de poètes comme Baudelaire ou même Apollinaire.  Cette dimension culturelle enrichissante nous entraîne donc au-delà du monde physique et nous fait découvrir l’au-delà à travers de veilles légendes et contes germaniques. On y retrouve des lieux emblématiques comme le Schawarzwald (la forêt noire). Mais surtout diverses créatures : comme les nixes, le dopplegänger, le Schimmelreiter (inspiré d’une nouvelle de Theodor Storm qui se traduit par « L’homme au cheval blanc »).
Mais il y a également cet univers paranormal qui est la colonne vertébrale de ce roman, ce qui lui donne cette dimension sombre et gothique que j'apprécie tant. Le Nibelung lui-même (le monde des morts), le Fliegende Holländer (Le Hollandais volant) et l’Elivagar (rivières dans la mythologie nordique).
Tous ces sujets s’adaptent parfaitement à l’imagination de l’auteur, chaque nouvelle pièce ajoutée n’est jamais anodine et apporte une nouvelle action ou conséquence pour les héros. Un méli-mélo de légendes pour en créer une seul et unique !


Si je parle maintenant de l’écriture, je dois bien avouer qu’elle est toute aussi merveilleuse ! Anthelme Hauchecorne joue entre la prose et la poésie avec une dextérité et virtuosité, que j’en fus vraiment admirative. Retrouver cette sensation rythmique propre à la poésie,donne un côté joyeux, amusant dans cet univers particulier. Donnant un peu de douceur, dans un monde sombre et mort. On retrouve cette stylistique, notamment dans les discours du nain ou les dopplegänger :

«  L’ado examine la cage de l’usurpateur au sol jonché de dessins obscènes, lesquels s’amoncellent en un tapis épais, le résultat d’un travail acharné. Il remercie la pénombre de lui masquer les détails les plus odieux. Le dopplegänger se délecte de son dégoût.
- D’âme, nous sommes jumeaux. Semblables de faciès, en dons égaux. Je puise dans tes souvenirs enfouis comme dans l’eau d’un puits. Ces visions qui te hantent, ces voix bruyantes. Leur source, je la connais, je sais de quel talent funeste tu as hérité. Non, mon frère d’esprit, point ne suis-je mauvais, seulement plus expérimenté. Toi et moi vivons la même existence, par les bouts opposés, chacun dans un sens. Toi commençant du début, moi débutant de la fin. J’en sais plus que toi, trop pour mon propre bien. Ne sois pas grognon, laisse-moi les commandes. J’ai tiré les leçons d’erreurs que tu mettras des décennies à comprendre…
 
»


" Schimmelreiter, Le Cavalier pâle" par Loic Canavaggia



C’est tellement rare de découvrir ce style dans des romans de nos jours, que j’en fus extrêmement ravie !
On termine le roman sur une grande interrogation. On espère que Ludwig interviendra très vite. Après tout son voyage dans le Nibelung ne fait-il pas que commencer ? Ses dons sont-ils plus grands que ce que les saltimbanques pouvaient penser ? J’ai désormais hâte de  découvrir la suite de cet univers particulier. Il ne suffit pas d’attendre Halloween pour se donner la sensation diffuse de frayeur, lisez « Le Carnaval aux corbeaux », il vous comblera bien au-delà de vos espérances.
Je tiens également à vous faire remarquer l’énorme travail des illustrateurs de ce roman. Loic Canavaggia et Mathieu Coudray. Ils ont su mettre en image le monde farfelu de l’auteur avec une grande précision. (Vous pouvez apprécier avec les illustrations de ma chronique).
Encore bravo à tout ce joli monde ! J’ai hâte de découvrir la suite.






GLOBALE : 9 /10
ECRITURE : 10 /10
SCENARIO : 10 /10
PERSONNAGES : 10 /10
SUSPENS : 9 /10
HUMOUR : 7 /10





COUP DE COEUR !