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vendredi 6 juin 2014

Le journal d'un fou





 
GENRE : Nouvelle / XIXe siècle
EDITION : Librio
NOMBRES DE PAGES : 34
PUBLIE EN : 1835
PARUTION DE L'EDITION : Novembre 2012
LANGUE D'ORIGINE : Russe
AUTEUR : Nicolas Gogol
TRADUCTION PAR : Boris de Schloezer


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http://skoldasybooks.blogspot.fr/2014/03/genre-nouvelle-xixe-siecle-edition.html
 






" Comment Popritchine, petit fonctionnaire du ministère qui taillait sagement des plumes pour Son Excellence, a-t-il pu sombrer dans la folie ?
Son coup de foudre pour la fille de son supérieur, dont la voix de canari le bouleverse, semble annoncer son déclin. Puis viennent les hallucinations auditives et visuelles, sur la conversation de deux petits chiens et sur les lettres qu'ils échangent. Enfin, sa conviction d'être Ferdinand VIII, roi d'Espagne, le conduit tout droit à l'asile d'aliénés. "


 




Comme dans ma précédente critique sur "Le manteau", "Le journal d'un fou" est dans la même thématique. Il s'agit encore ici d'une nouvelle sur le thème de "rien" (c'est-à-dire que l'histoire est banale et sans réel intérêt) mais également la folie.
Avec son sens de l'humour qui caractérise ses œuvres, Gogol écrit si facilement sur la folie qu'on l'envierait presque !
Il n'est pas étonnant aussi de le voir dénoncer par le biais de son héros, les critiques contre les fonctionnaires russes dont il a partagé le quotidien avant d'être auteur.
"Le journal d'un fou" peut être considéré comme totalement absurde, mais cela nous montre avant tout, l'évolution de la folie. Une évolution lente pour certains, mais avec des détails précis qui témoigne que Popritchine a toujours été un "fou".
Dans sa critique contre les fonctionnaires, Gogol souligne un point important. De son point de vue, les fonctionnaires se considèrent comme une classe sociale bien supérieure ! Du moins ceux d'un certain rang, car les petits fonctionnaires comme le héros reste bien plus nombreux.Des barrières sociales existent alors bien au sein de la vie de travail. Pourquoi ce point est important ? Il s'agit de montrer pour Gogol la logique de la folie de son personnage, il n'est donc pas étonnant de le voir égocentrique et ainsi se positionner au-dessus de ces " hauts fonctionnaires".
Dès le début de cette nouvelle, Popritchine se considère comme un noble, bien qu'il n'en soit pas sûr lui-même et qu'il doit se le répéter pour en être sûr. Les autres se trompent, il sait ce qu'il vaut, mais au fond il doute de sa condition. Dans sa réflexion que "Un paysan peut devenir noble", un noble est forcément plus que cela. Ce n'est donc pas étonnant de le voir revêtir le rôle du roi Ferdinand VIII d'Espagne. Son égocentrisme s'accentue, ainsi que son aliénation qui le conduit forcément à l'asile. D'ailleurs, cette partie est une vraie caricature réalisé par l'auteur et de style grotesque. On ne peut donc pas s'empêcher de rire tant les propos tenus sont ridicules.
Pourtant, on repère dès le début que la folie le guette par le commentaire de son supérieur, sur le fait qu'il mélange les dates. Lui-même se rend compte par les hallucinations qui lui viennent à l'esprit. A certains moments, il mélange la réalité et la fiction. Comme le fait de voir que son comportement effraie les gens (réel) mais le fait de voler les lettres des chiens est important pour lui, qu'il y croit (fiction). D'ailleurs dans cette correspondance, il fait un portrait de lui-même tout à fait réaliste contrairement à ce qu'il pense dans la réalité.
Comme toujours, Gogol aime créer des personnages atypiques comme ce héros égocentrique qui devient fou. La plume de l'auteur rend le texte léger, drôle et offre un univers totalement décalé par rapport à son mentor Alexandre Pouchkine. Cette nouvelle se trouve d'ailleurs un peu dans la continuité du "Manteau", où le personnage principal avait également une obsession. C'est une lecture en perpétuelle mouvement entre le réel et l'illusion.







 GLOBALE :  7 / 10
ECRITURE: 10 / 10
SCENARIO : 6 / 10
PERSONNAGES : 7 / 10
SUSPENS :  3 / 10
HUMOUR :  10 / 10














dimanche 9 mars 2014

Le Manteau [ Nicolas Gogol ]






 GENRE : Nouvelle / XIXe Siècle
ÉDITION : Librio
NOMBRES DE PAGES : 78
PUBLIE EN : 1843
PARUTION DE L’ÉDITION : septembre 2005
LANGUE D'ORIGINE : Russe
TRADUCTION PAR : Anne Coldefy-Faucard










Nicolas Vassiliévitch Gogol, né en Ukraine en mars 1809, est l’un des écrivains les plus marquants de la littérature russe.
Gogol s’installe à Pétersbourg en 1828, où il devient employé de ministère. Encouragé par Pouchkine, il publie en 1831 un premier volume de nouvelles, Les Soirées du hameau, recueil de nouvelles grotesques et fantastiques, inspirées de la vie des paysans ukrainiens, qui lui assure la célébrité.
En 1834, il est nommé professeur-adjoint d’histoire à l’université de Saint-Pétersbourg.
L’année 1835 est la plus féconde de sa biographie : il publie deux recueils de nouvelles, Arabesques (qui contient “Le Journal d’un fou
) et Mirgorod (contenant “Taras Boulba”, récit racontant la lutte héroïque des Cosaques ukrainiens contre les Polonais au XVIIe siècle, et “Comment Ivan Ivanovitch se brouilla avec Ivan Nikiforovitch”), compose une pièce de théâtre qui connaît un grand succès, Le Revizor, satire de la bureaucratie écrite sur une idée de Pouchkine, et commence son grand roman, Les Âmes mortes, tableau sans concession de la Russie tsariste et satire impitoyable de la médiocrité humaine.
Dans les dernières années de sa vie, Gogol se déplace sans cesse en Europe et en Orient. Il écrit des récits d’abord fantastiques, puis franchement mystiques.
Épuisé par une vie de prière et de jeûne, il s’éteint à Moscou le 21 février 1852. Une foule considérable accompagnera son corps. De son côté, le régime tsariste, ne lui pardonnant pas sa vision sarcastique de la société russe, arrête la publication de ses œuvres et interdit jusqu’à la mention de son nom.







" Akaki Akakievitch Bachmatchkine, un petit fonctionnaire, consacre l'essentiel de son temps à des copies d'actes, tâche qu'il accomplit avec zèle au milieu des moqueries et des vexations. Une catastrophe chamboule un jour sa vie : son manteau, usé jusqu'à la corde, doit être remplacé. Ceci donne subitement une autre dimension à l'existence d'Akaki. Il commence à économiser, kopeck après kopeck, pour se procurer le vêtement dont l'acquisition vire à l'obsession. "


 

Les romans de Nicolas Gogol sont toujours très agréables à lire et "Le manteau" ne fait pas exception à la règle. Cette nouvelle est remplie de légèreté dans son début, les personnages qu'il décrit ont toujours un côté extravagant qu'on ne découvre pas immédiatement. Akaki Akakievtich est le type même de ce style de personnage. Un homme célibataire, seul. C'est un fonctionnaire de bureau qui n'a rien à attendre de la vie, autre que son emploi. Si bien que contrairement aux autres employés qui une fois la journée de travail terminé, se rendent à des soirées où ils se délectent des divertissements. Mais Akaki est à l'opposé, si bien qu'il passe ses journées au bureau à faire son travail de copiste (il a d'ailleurs aucune autre compétence et a peur de faire une autre tâche que la copie), mais également toutes ses soirées seul à faire la même chose. Il ne dépense jamais d'argent à tort et à travers, si bien que quand le froid de l'hiver russe se fait rude, son manteau qu'il est plus qu'usé fini par être bon à jeter, c'est la fin du monde pour le personnage. Il se voit alors économiser pour en confectionner un nouveau, une fois le nouveau manteau en possession, un sentiment d'obsession voit le jour en lui ! Il ne pense plus qu'à son manteau et non plus à son métier qui était toute sa vie.

Ce nouveau manteau vient également changer l'opinion de ses collègues à son sujet. Il vient même à être invité à une soirée où il se rend avec plaisir afin d'exhiber son nouveau manteau.

Cette nouvelle à donc pour thème centrale, la figure de l'employé de bureau du XIXe siècle, mais aussi le fait qu'elle n'a pas réellement d'histoire complexe et qu'elle met en avant l'obsession d'un homme. Mais Gogol avec son style d'humour particulier, arrive à nous faire sourire dans son univers un peu "mégalo". Il met également en avant, l'univers ou plutôt le quotidien des Russes de l'époque. Ce qui au final à toujours fait dans ses œuvres.

J'aime vraiment cet auteur pour ce côté un peu décalé dont il faisait preuve à l'époque. L'humour dont il fait preuve ajoute de la légèreté et rend la lecture très agréable.






GLOBALE : 7 /10
ÉCRITURE : 9 / 10
SCENARIO : 5 / 10
PERSONNAGES : 9 / 10
SUSPENS : 4 / 10
HUMOUR : 7 /10