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samedi 12 novembre 2022

Vila Emilia #1 - Observation

 






GENRE : Thriller Historique
EDITION : Auto-Edition
NOMBRES DE PAGES : 463
DATE DE PARUTION : 28 octobre 2021
AUTEUR : Elodie Faiderbe
PRIX : 16€90 (papier) / 2€99 (Kindle)





Sa jeunesse se perd dans un Paris imaginaire où chaque coin de rue recèle de trésors pour son inspiration. Élève rêveuse et timide, ses livres sont depuis toujours ses compagnons de récréation. Mais c'est à l'âge de dix ans, lorsque son père lui offre une machine à écrire qu'elle décide de donner vie à son monde chimérique en écrivant des petites nouvelles horrifiques inspirés de Chair de Poule.

Plusieurs années après, elle décide enfin de se lancer au cours d'une soirée d'orage. Son premier roman, La fourmi qui rêvait de devenir libellule, est édité aux éditions Cyplog depuis septembre 2020.

Grande admiratrice de Tim Burton et de Stephen King, elle s'intéresse également au fantastique. Dresseuse de Pokémon à ses heures perdues, elle aime autant les licornes que les zombies.  elle aime voguer entre l'amour contemporain et le thriller horrifique. 







" Londres 1886.Orpheline, Emilia vit sous le joug de son tuteur : lord Dorian Jacobson. Séduisant comte excentrique le jour, tueur sadique et impitoyable la nuit.
En parfait gentleman, Dorian régale et fascine la haute société par son charisme et sa prestance.

Tous sont en admiration devant cet homme.
Tous sauf elle.

Car depuis que Dorian a massacré sa famille, Emilia ne vit plus que pour une seule chose : la vengeance. Par un étrange pacte de sang, son tuteur lui a fait la promesse de lui enseigner son art meurtrier. Mais en échange, Emilia lui devra l’éternité en l’achevant une fois son apprentissage terminé.
Alors que ses macabres leçons débutent enfin à sa seizième année, un dangereux tueur en série sévit à son tour dans les rues de Londres : l’empailleur.
Guidé par sa soif de sang et sa folie destructrice, Dorian décide de les entrainer dans une enquête où l’initiation d’Emilia devra faire face à de sanglants rebondissements.

Commence alors une valse mortelle entre le papillon et le serpent.
Commence alors un jeu implacable, coincé entre vengeance et séduction. "




 Je découvre ce premier tome avec un réel enthousiasme ! Ce livre m’a été offert par mon amie Lili pour mon anniversaire, je suis heureuse qu’elle me connaisse aussi bien.


« Bienvenue au manoir Soulridge, lieu de damnation. Emilia est bien placée pour le savoir. Son tuteur, le comte Dorian Jacobson est le responsable de la mort de sa famille. Depuis cet instant, seule la vengeance anime la jeune femme, quitte à plonger dans les ténèbres et le sang ».

Vous prenez une histoire se déroulant à l’époque victorienne en Angleterre, des tueurs psychopathes, des relations humaines complexes, des enquêtes policières. On obtient tous mes ingrédients favoris pour un excellent livre.

Emilia est une jeune femme qui se démarque de la gent féminine du XIXe siècle. Elle offre une vision plus moderne de la femme, très féministe. Elle possède un caractère fort. Elle prouve à autrui qu’elle vaut autant qu’un homme ! Elle aussi peut faire preuve d’intelligence et de compétences scientifiques. D’ailleurs, Dorian y veille en ce sens. Il a décidé qu’elle deviendrait l’héritière de son art macabre.

Dorian Jacobson a tout du parfait psychopathe. C’est un, très manipulateur et méthodique, il détermine tous ses actes pour venir nourrir son sombre dessein. Bien que pour l’instant son passé et sa personnalité restent assez énigmatiques, je ne doute point que notre chère Emilia arrivera à percer ses mystères. Même si la jeune femme semble être sous son contrôle total.

Ils ont un lien assez sinistre et complexe, toujours à calculer les prochains coups de l’autre. Ils vont devoir également faire face à second tueur « l’empailleur ». Ils vont partir sur ses traces sanglantes pour découvrir qui se trouve derrière les meurtres et pour Dorian pour satisfaire sa soif.

Elodie Faiderbe a créé un univers très détaillé sur le plan humain. Les protagonistes sont travaillés avec minutie et profondeur. Je voyais au début la relation Dorian/Emilia avec scepticisme, mais quand on discerne les contours du comte Jacobson. Rien d’étonnant qu’Emilia ne puisse s’extraire de sa toile sans dommage.
L’autrice a une écriture fluide, dont le temps au présent ne vient pas freiner l’immersion du lecteur. J’aime également cette période victorienne qui me fascine depuis ma plus tendre enfance. On retrouve de nombreux clins d’œil à des artistes et personnalités marquantes de ce siècle : Oscar Wilde, Mary Shelley, Charles Darwin, Charles Dickens et par certains côtés analytiques de Arthur Conan Doyle.
Il s’agit bien évidemment d’un univers sombre, sanglant dont j’ai apprécié me plonger aux côtés des criminels pendant leurs « petits moments  poétiques ». Tout est d’une précision chirurgicale pour que votre imagination ne puisse pas se détourner de la scène infernale.

Je dirai simplement pour conclure que ce premier tome introductif nous baigne dans l’horreur et le sang avec efficacité, que la vengeance d’une jeune femme va la pousser un peu plus près des ténèbres de son tuteur, mais saura-t-elle les contrôler ? Rien n’est moins sûr ! A lire en toute connaissance de cause, cela va de soi.  









GLOBALE : 9 / 10
SCENARIO : 9 / 10
PERSONNAGES : 10 / 10
ECRITURE : 9 / 10
SUSPENS : 8 / 10


dimanche 10 octobre 2021

La Saignée

 




GENRE : Policier
EDITION : Fayard
NOMBRES DE PAGES : 557
PUBLIE LE : 29 Septembre 2021
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Cédric Sire
PRIX : 21€90 (broché) / 15€99 (Ebook)




CHRONIQUES PRECEDENTES 

  http://skoldasybooks.blogspot.fr/2015/11/avec-tes-yeux.html  








" Estel Rochand a été écartée de la police à la suite d’une terrible bavure qui a causé la mort d’une innocente. Sa vie est en miettes, son couple à la dérive. Désormais garde du corps de seconde zone, cette ancienne championne de boxe se fraie un chemin dans l’existence comme elle l’a toujours fait : à coups de poing. Prise dans un engrenage infernal, Estel a de plus en plus de mal à contrôler ses accès de violence.Quentin Falconnier, policier spécialisé en cybercriminalité, enquête sur un site du Dark Web, qui propose des vidéos de torture et de mise à mort en direct. Qui peut bien se cacher derrière cette « red room » appelée La Saignée, diffusant des meurtres à la perversité absolue ? Le jeune homme se lance corps et âme dans cette nouvelle croisade : découvrir l’identité du coupable derrière le masque du bourreau, et l’arrêter. Coûte que coûte.
Un terrible compte à rebours a commencé. "





Après deux ans d’attente, Cédric Sire nous offre enfin un nouveau thriller. « La Saignée » est un roman où la violence physique prédomine. Un roman policier bien loin de ce que l’auteur a pour habitude de montrer à ses lecteurs. Je dois bien avouer avoir été déconcertée par ce nouveau style.

« La Saignée » est un site internet disponible sur le dark web où se perpétuent des meurtres ultraviolents. Le policier Quentin Falconnier, spécialiste en cybercriminalité qui fait de cette enquête, une affaire personnelle.
De l’autre côté, on suit Estel Rochand. Ancienne policière qui a causé la mort d’une innocente par accident, vit dans le tourment depuis plusieurs années. Désormais garde du corps pour des clients peu recommandable, elle va vite sombrer dans un enfer impossible à s’extirper sans aide.

Cédric Sire nous a habitué à des romans très sanglants, voir totalement gore. Dans « La Saignée », on sent une certaine retenue, ce trait bien identifiable de l’auteur est laissé de côté au profit de la psychologie des personnages. Il permet à ses protagonistes de vivre et de souffrir. Le lecteur arrive à se faire une image assez rapide grâce à ses descriptions poignantes. Il distille petit à petit des indices, des messages cachés sur la nature profonde des personnages. Un coupable idéal à cause de son passif, une figure d’autorité qui n’est pas réellement ce qu’il semble être face à ses collègues.
On a deux oppositions extrêmement bien travaillées avec Estel Rochand et Quentin Falconnier. Le retournement de situation est vraiment très bien exécuté !
Dans un second temps, l’auteur s’empare d’un fait journalistique qui a marqué les mémoires ces dernières années. Le mouvement #metoo ! Il fait de la femme la pièce centrale de son livre. Premièrement, le côté patriarcal qui écrase les femmes. Les sous-estimant dans leurs fonctions (ici la police ou garde du corps), puis en tant qu’objet de divertissement pour les hommes qui ont besoin d’assouvir leurs fantasmes sexuels et pervers.
Deuxièmement, on a la femme forte qui se bat contre vent et marée, la femme intelligente qui dérange parce qu’elle se montre plus déterminée et obtient de meilleurs résultats qu’un homme. L’auteur a manié avec habileté les oppositions, prouvant à quel point le comportement masculin est totalement horripilant et aberrant quand on vit au XXIe siècle.

Le seul point négatif pour ma part, car tout n’est malheureusement pas parfait. C’est le rythme un peu lent du scénario. L’action est très longue à se mettre en place, même s’il faut comprendre la psychologie des protagonistes pour avancer.
Suivant son style d’écriture depuis de nombreuses années, je dois reconnaître que tout est manié avec subtilité et précision. Mais, je suis forcément déçue de ne pas retrouver ses descriptions gore. En tant que lecteur, on avait l’habitude d’être un témoin « privilégié » des meurtres sanglants. Ici, ils sont simplement suggérés. Seul le prologue m’a procuré ce côté sale et répugnant qui nous colle habituellement à la peau. C’est ce que j’appréciais dans les précédents livres, déjà que les éléments fantastiques me manquent beaucoup, mais si la part de gore se fait absent… Je me sens très frustrée pour ma part. Pourtant « Vindicta » était excellent ! (même sans le côté fantastique, mais le gore était omniprésent)
Je suis par contre très admirative sur le travail de recherche en cybercriminalité, de pouvoir lire exactement comment une enquête peu se dérouler dans ce domaine.

En conclusion, « La saignée » est un bon polar dont la psychologie des personnages est travaillée à son paroxysme et dont le rôle de la femme est le point central du roman. Mais pour moi, il manque ce côté sombre et gore qui se trouvait toujours dans les romans de l’auteur. Cela me fait un peu mal d’écrire ces mots sachant à quel point j’admire Cédric Sire.






GLOBALE : 7,5 / 10
ECRITURE : 7 / 10
SCENARIO : 8 / 10
PERSONNAGES: 9 / 10
SUSPENS : 7 / 10


dimanche 23 mai 2021

Les voleurs de curiosités

 




GENRE : Policier / Fantastique
EDITION : Presses de la cité
NOMBRES DE PAGES : 474
DATE DE PARUTION : 11 février 2021
LANGUE D'ORIGINE : Anglais
TITRE ORIGINAL : Things in jars
AUTEUR : Jess Kidd
PRIX : 22€ (Broché) / 14,99€ (Ebook)





D’origine irlandaise, Jess Kidd vit aujourd’hui à Londres. Elle est l’auteure de trois romans, qui témoignent tous d’une imagination débordante et d’un univers très personnel, à la croisée des chemins entre Gabriel García Márquez et Mary Shelley. Les Voleurs de curiosités est son premier livre publié en France.






" Londres, 1863. Bridie Devine, détective spécialisée dans les cas délicats, fait face à l’affaire la plus complexe et la plus insolite de toute sa carrière. Christabel Berwick, l’héritière d’un baronet, a été kidnappée. Mais Christabel n’est pas une enfant ordinaire. Son existence a été cachée aux yeux de tous et ses étranges talents semblent effrayer son entourage autant qu’ils attirent l’attention des collectionneurs de curiosités.
Ne ménageant pas ses efforts pour retrouver l’enfant, Bridie entre dans un monde de chirurgiens déments et de saltimbanques mercenaires. Aidée dans sa quête par le fantôme tatoué d’un boxeur mélancolique qu’elle seule peut voir et par une femme de chambre à la carrure impressionnante, la jeune femme suit pas à pas les traces laissées par les ravisseurs, s’exposant ainsi à un passé qu’elle a tenté d’oublier. Résurrectionniste, chimiste excentrique, créature aquatique légendaire : autant de personnages qui hantent les pages de ce roman lyrique et gothique où le spectacle est roi, mais qui fait la part belle à une enquête digne des plus grandes énigmes policières. "





Ce roman a été d’une découverte très enrichissante. Si les enquêtes paranormales avec un soupçon de frissons et de l’étrange ne vous effraient pas, ce livre est fait pour vous.

Jess Kidd nous offre un univers très riche avec « Les voleurs de curiosités ». Le titre très évocateur nous plonge dans l’étrange, le fantastique et les êtres humains aux particularités bien définies.

Nous suivons donc l’enquêtrice Bridget « Bridie » Divine. On suit le cheminement d’une veuve qui s’est lancée dans le secteur privé pour retrouver des personnes disparues de façon inexpliquée que la police ne peut pas résoudre de manière traditionnelle.
Bridie a été engagée pour recouvrer une jeune fille du nom de Christabel Berwick, une héritière d’un baronnet, qui a été enlevée en plein milieu de la nuit. Seulement, personne n’est au courant de son existence, car la fillette possède quelques particularités qui pourraient attirer l’attention des collectionneurs de curiosités. Grâce à ses dons de médium, Bridie avec l’aide d’un esprit torturé va tenter de retrouver la petite disparue.

Il s’agit d’une enquête policière au cœur de l’époque victorienne à Londres. L’ambiance brumeuse, sale de Londres nous plonge d’or et déjà dans l’atmosphère sombre et pesante du récit. Jess Kidd nous entraîne dans la noirceur pour nous montrer le plus vil côté des hommes.

Je dois bien avouer que j’ai l’habitude de lire des romans d’horreurs, voir gore, mais ici je pense que parfois c’était « trop ». J’ai été écœurée à plusieurs reprises lors de ma lecture (et il m’en faut beaucoup pour l’être !).
Avec un récit riche, aux descriptions très détaillées, on obtient un roman à l’aura sombre et malsaine. Quand on termine notre lecture, nous nous sentons sales, avec la sensation d’avoir vagabondé dans les ruelles de Londres en compagnie des pires mécréants possible. Une ambiance que j’ai vraiment appréciée !

Les personnages sont tous très énigmatiques, on les survole parfois et essayons de comprendre pourquoi ils arrivent à certaines extrémités. Par certains moments, il m’arrivait de comparer cette fiction à la série américaine « American Horror Story ». Ici, le schéma semble assez similaire sauf sur la fin.
De plus, Jess Kidd nous offre les coupables sur un plateau, cela nous permet de mieux les appréhender, de découvrir leur pensée et leur motivation.
Il y a de nombreux flash-back qui nous permettent de connaître le passé de Bridie et du mystérieux fantôme qui la suit depuis le début de son enquête.
Le seul point négatif serait la rythmique du texte trop dense, parfois des descriptions qui viennent ajouter de la lourdeur. J’ai mis beaucoup de temps à finir le livre à cause de cela.

En conclusion, « Les voleurs de curiosités » est un roman très ténébreux qui nous offre une pléthore de personnages torturés. Une héroïne qui a du punch et qui possède vraiment d’innombrables talents pour résoudre les pires enquêtes possible. Je conseille vivement ce roman aux amateurs du fantastique gore, pour les âmes sensibles, il vaut mieux s’abstenir.




GLOBALE : 7,5 / 10
SCENARIO : 7 / 10
PERSONNAGES :  9 / 10
ECRITURE : 8 / 10
SUSPENS : 6 / 10

lundi 22 février 2021

Solitudes

 



GENRE : Policier
EDITION : Calmann Levy
NOMBRES DE PAGES : 316
DATE DE PARUTION : 6 janvier 2021
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Niko Tackian
PRIX : 19€50 ( broché) / 9€99 (Ebook)




Après des études de droit et histoire de l’art, Nicolas Tackian a été journaliste et rédacteur en chef de différents magazines de presse avant de devenir scénariste. Il devient auteur de bande dessinée et signe son premier projet aux éditions Semic, avant de rejoindre l'équipe de Soleil Productions avec laquelle il signe plus de trente albums, portant sur des genres comme : thriller ésotérique, science-fiction, dark fantasy, anticipation, polar, fantastique.

Il devient également scénariste pour la télévision et signe plusieurs épisodes de séries télévisées et des téléfilms. En 2015, il crée avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2.

Il écrit et réalise son premier film Azad en 2008 pour la collection Identités de France 2. Ce téléfilm raconte l'histoire d'un jeune homme travaillant dans le milieu de la bande dessinée qui prépare un roman graphique (Azad) pour retracer l’histoire de son grand-père et du génocide arménien. Cette histoire lui a été inspirée par le manuscrit laissé par son véritable grand-père Krékor Kandarian, décrivant son voyage vers la France pour fuir le génocide arménien de 1915.

En 2015 sort son premier roman Quelque part avant l'enfer aux éditions Scrinéo puis La nuit n'est jamais complète, un thriller en huis clos dans les sables du désert. Il partage ses activités entre l'écriture de roman et le scénario. En 2016, il signe aux éditions Calmann Levi et publie Toxique, puis Fantazmë, deux polars introduisant le personnage de Tomar Khan, commandant à la brigade criminelle parisienne.







" Elie Martins est garde nature dans le massif du Vercors. Amnésique suite à une blessure par balle, il est reparti à zéro dans cette région encore préservée. Alors qu’une tempête de neige s’annonce, Elie se lance sur la piste d’un loup signalé par plusieurs bergers. Les empreintes ensanglantées le conduisent à un immense pin situé dans une plaine désertique. Une femme nue est pendue à ses branches, une mystérieuse inscription gravée sur sa chair.Cette découverte macabre anime immédiatement quelque chose sur la toile blanche de ses souvenirs. La victime est un message à son attention, il en est certain.
Le lieutenant Nina Melliski est alors dépêchée sur les lieux. Elie est-il coupable ou victime ? Elle ne sait que penser, mais son instinct lui dit que les réponses se trouvent dans les souvenirs disparus de cet homme sans passé. "


« Solitudes » est le premier livre de l’auteur que je lis. Quelle tristesse ! J’aurais dû me pencher sur ses récits bien avant, car j’ai adoré découvrir son nouveau roman.

« Solitudes » nous fait voyager à travers la beauté et l’immensité du Vercors. Un titre bien énigmatique qui pose pourtant la base de son récit. Chaque personnage est restreint dans sa propre intimité. Une solitude que certains tentent de rechercher, tandis que d’autres essaient de s’en défaire…

L’histoire débute sur une tentative d’assassinat raté… Elie Martins est un miraculé ! Bien qu’il subisse des crises d’épilepsie assez violentes et un passé oublié. Il vit au sein même du Vercors avec celui qu’on appelle « Chef Réda », jusqu’au jour où ils vont découvrir le corps d’une femme mutilée pendue à un arbre. La vie d’Élie va être totalement bouleversée !
C’est le lieutenant Nina qui va tenter de trouver la vérité sur cette étrange affaire. Elle qui pourtant possède ses propres fêlures, elle va devoir extraire toutes les pièces de ce puzzle macabre pour arrêter l’assassin qui sévit au milieu de ces montagnes.

« Solitudes » nous entraîne dans les confins de la psyché humaine. Les protagonistes nous offrent un panel d’émotions diverses, une vérité très réaliste sur l’être humain. Face à la rudesse de la nature en hiver, ils doivent combattre plusieurs ennemis, notamment leurs propres démons.
D’autant que ce tueur fait ressurgir des évènements du passé que certains auraient aimé oublier.

Niko Tackian a un véritable don pour traiter la psychologie de ses personnages. Nina tente d’oublier sa culpabilité vis-à-vis d’un ancien collègue qui a tout perdu, suite aux dénonciations de la jeune femme.
Élie se retrouve piégé entre le passé et le présent. Les sombres souvenirs refont surface lors de ses phrases de sommeil. Il ne parvient plus à savoir ce qui est réel ou non.
Le chef Réda est certainement un des protagonistes que j’ai particulièrement appréciés dans ce livre. Un homme plein de sagesse et de bonté qui tente toujours d’aider autrui, mais il est également une sorte de guide spirituel. C’est pour cela que la plupart des personnages le suivent sans se poser la moindre question.
Tout comme le paysan Jacques qui se trouve être le guide des « morts ». Il parvient à visualiser les auras des gens. Ce vieil aveugle arrive mieux que personne à distinguer tout ce qui pénètre dans la vallée qu’il connaît par cœur.
Finalement avec Réda et Jacques, ont obtient une petite dose de fantastique qui apporte encore un peu plus de tension au récit.

L’auteur a une plume tantôt subtile qui met parfaitement en évidence les émotions humaines, puis plus incisives dans les phases d’action. Il arrive à nous procurer cette avidité qui nous pousse à tourner les pages avec impatience.

« Solitudes » est un thriller psychologique où les émotions humaines sont mises à nues devant la brutalité de la Nature. Face à un tueur en proie à une vengeance meurtrière, angoisses et tensions sont au rendez-vous! Frissons garantis !



GLOBALE : 9 / 10
SCENARIO : 9 / 10
PERSONNAGES : 10 / 10
ECRITURE : 9 / 10
SUSPENS : 9 / 10


vendredi 15 janvier 2021

Impact

 



GENRE : Policier
EDITION : Michel Lafon
NOMBRES DE PAGES : 348
DATE DE PARUTION : 22 Octobre 2020
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Olivier Norek
PRIX : 19€95 ( broché) / 13€99 (Ebook)





Olivier Norek est le petit-fils d'Herbert Paul Norek, sous-officier dans la légion étrangère, né en 1903 à Breslau et naturalisé français en 1935. Son père Claude Norek, né en 1947 à Aubin, est haut fonctionnaire et occupe le poste de directeur général de Radio France de 1999 à 2004.

Olivier Norek travaille d'abord en tant que bénévole chez Pharmaciens sans frontières durant trois années, lors desquelles il participe à la réhabilitation de l'hôpital de Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, ainsi que de l'approvisionnement en matériel médical des hôpitaux et camps de réfugiés des territoires en guerre de l'ex-Yougoslavie (1994-1995). Il est caporal-chef au 33e RIMa pendant deux ans. Il entre ensuite dans la police, et devient lieutenant à la section des enquêtes et recherches du SDPJ 93. Peu après ses premiers pas littéraires, il se met en disponibilité.

Ses trois premiers romans sont composés autour de la figure d'un "Capitaine Coste", flic humaniste et sensible.







" Face au mal qui se propage
et qui a tué sa fille

Pour les millions de victimes passées
et les millions de victimes à venir

Virgil Solal entre en guerre,
seul, contre des géants. "





Ce nouveau roman d’Olivier Norek est une vraie prise de conscience. Loin des schémas classiques du polar, « Impact » nous fait réfléchir sur l’avenir de notre planète. 
N’ayant pas vraiment apprécié les deux seuls livres que j’ai lus de l’auteur (Code 93, Territoires), j’ai commencé ma lecture avec une certaine appréhension. 
Ce nouveau récit est pourtant une révélation pour moi ! Je fus agréablement surprise. 

Dans « Impact », l’auteur met l’humanité face à ses propres erreurs. Toutes les atrocités qui nous conduisent petit à petit à l’extinction de notre planète. On entre dans une fiction d’anticipation sur l’écologie et la survie. 

Nous sommes « coupables », il ne faut pas une autre raison pour créer l’antagoniste de ce polar. Un tueur avec un esprit très critique envers la société qui cause chaque jour des milliers de morts. 
Les revendications de l’assassin sont claires, il ne veut que sensibiliser les grosses entreprises à l’écologie, trouver des alternatives pour diminuer la destruction imminente. Il crée alors un tel engouement que des millions de pandas balafrés vont suivre avec avidité la suite des événements. Est-ce que les sociétés vont se plier à la demande du criminel ? Comment la police va-t-elle pouvoir gérer cette situation d’une enquête suivie par des millions de personnes ? 

Devant un tel sujet, le lecteur devient obligatoirement empathique. Nous sommes son complice, acceptant l’inacceptable. Notre moral est corrigé face à une telle ambition pour améliorer les choses. 
Olivier Norek nous pointe nos erreurs avec des mots percutants et réalistes. Nous faisant réfléchir sur l’avenir de notre Planète. 

Le seul reproche que je pourrais émettre, il s’agit des autres personnages. Ils sont en retrait, effacés, trop lisses et sans émotion. Nous avons Diane Meyer par exemple, qui se trouve être une psychocriminologue qui est envahie d’anxiété. J’aurais aimé comprendre l’élément déclencheur qui l’a conduite à être agoraphobe. Aucune relation n’a été exploitée, on reste juste à la surface de leur psyché… J’ai toujours ressenti cela dans ces romans, malheureusement cela ne change aucunement avec « impact ». 

En conclusion, « Impact » est un thriller d’anticipation qui éveille les consciences sur l’avenir écologique, avec une réalité très percutante. Ce livre est une course contre la montre pour la survie de notre planète. Un bon polar à lire sans modération. 




GLOBALE :  7 / 10
ECRITURE : 7 / 10
SCENARIO : 8 / 10
PERSONNAGES : 4 / 10
SUSPENS : 8 / 10 


lundi 11 janvier 2021

Vindicta

 




GENRE : Policier
EDITION : Cosmopolis
NOMBRES DE PAGES : 577
PUBLIE LE : 21 mars 2019
LANGUE D'ORIGINE : Français
AUTEUR : Cédric Sire
PRIX : 21€90 (broché) 


CHRONIQUES PRECEDENTES 

  http://skoldasybooks.blogspot.fr/2015/11/avec-tes-yeux.html






" On entre, on prend le fric, on ressort. Personne ne sera blessé. "

Leur plan est sans risque. Le bijoutier ne portera pas plainte pour le vol car son argent est d’origine illégale. Damien, Élie, Audrey et Driss s’imaginent avoir trouvé la réponse miracle à tous leurs problèmes.

Fraîchement muté dans un groupe de surveillance, Olivier est loin d'imaginer que la planque qu'on lui a assignée fera de lui le témoin clé d'un cyclone meurtrier, dans le sillage d'un tueur glacial et méthodique que rien ne semble pouvoir arrêter. Des déserts du Moyen-Orient aux villes sombres et silencieuses du territoire français, quand la vindicte est en marche, plus rien ne peut vous sauver.

" Une traque haletante secouée de fausses pistes "

Pur instrument de torture et de mort, il n’a pas de nom, pas de visage, l'habitude de tuer et un cimetière de cadavres derrière lui. Mais dans cette affaire, pas de contrat. Cette fois-ci pour lui : c'est personnel. "



Avec « Vindicta » Cédric Sire nous montre une fois encore sa virtuosité à composer un thriller subtil, sanglant et rempli de surprises jusqu’à la dernière page.
Le récit est comme une mélodie qui commence doucement, mais très vite ça monte crescendo. L’action nous enivre, les tortures et sévices d’un tueur psychopathe nous écœurent pour finir dans un véritable bain de sang, comme une bombe qui nous éclate à la figure.

Depuis « Du feu de l’Enfer », l’auteur se positionne dans un monde bien « réel ». Cette petite part de fantastique m’avait grandement manqué dans son dernier roman.
Mais « Vindicta » nous offre tellement plus ! On se retrouve avec plusieurs points de vue selon les protagonistes. Des personnages qui n’ont rien d’exemplaire. On découvre diverses facettes de l’humanité, ce n’est ni tout blanc ni tout noir. C’est un point que j’apprécie depuis longtemps dans ses romans. Il nous démontre la complexité de l’être humain. Ici, elle est poussée à l’extrême. Nous offrant les vices les plus crus, nous les exposant d’une manière affûtée pour finalement ressentir une certaine empathie pour eux à la fin du récit.

Le roman se termine dans un cliffhanger haletant et angoissant à souhait. J’avais imaginé le scénario d’une façon bien précise et très bien calculé par l’auteur. Je me disais même : « Mince, c’est tellement simple d’en arriver à cette conclusion » et le retournement m’a laissé totalement abasourdi ! JAMAIS au grand jamais, je n’aurais pu deviner une telle chose. JAMAIS !
Les pièces du puzzle s’emboîtent petit à petit, nous laissant entrevoir toute la complexité d’une vengeance calculée dans les moindres détails.

Je dirai simplement pour conclure que « Vindicta » est un gros coup de cœur ! Un thriller qui nous happe du début à la fin. Impossible de poser le livre tant l’action est prenante.
Que seriez-vous prêt à faire pour vous venger ? Je pense que vous n’irez jamais aussi loin que ce qui est écrit dans ses pages...




GLOBALE : 10 / 10
ECRITURE : 9 / 10
SCENARIO : 10 / 10
PERSONNAGES: 10 / 10
SUSPENS : 10 / 10





COUP DE COEUR !